
La commune se trouve au cœur du Pays des Faluns, site de l’ancienne Mer des Faluns. Cette mer, aujourd’hui disparue, recouvrait l’Ouest de la France il y a environ 15 millions d’années. Elle s’étendait de la Normandie jusqu’en Vienne en formant un bras de mer passant par la Bretagne, l’Anjou, la Touraine et le Blésois. En se retirant, les animaux et les plantes se sont retrouvés piégés et se sont transformés, après sédimentation, en fossiles. La mer laissa derrière elle une roche riche en débris coquilliers appelée le falun.
La pierre de falun marque aujourd’hui le paysage du Pays des Faluns par son utilisation dans les bâtiments. Au pays du granit, cette pierre a toute son originalité ! Et pas seulement du fait de sa couleur qui rapelle le tuffeau du Val de Loire. Ici, on l’apelle aussi « la pierre de jauge », car elle se jauge bien (elle se travaille bien). Les paysans-tisserands du XVIIe au XIXe ne s’y sont pas trompés : enrichis par le commerce des toiles de chanvres et de lin, ils ont utilisé cette pierre pour se construire de belles maisons. Le patrimoine de Saint-Juvat reflète son histoire à travers ce bâti traditionnel de qualité, fait de ces pierres et de terre crue. La terre argileuse a été utilisée dans les construction : la terre était montée par levées successives via la technique de la bauge.


Depuis 1988, la commune est labellisée Communes du Patrimoine Rural de Bretagne. Ce label regroupe 41 communes, réparties sur 4 départements bretons, qui possèdent un patrimoine bâti et paysager de qualité. Saint-Juvat s’est engagée dans la préservation de ce patrimoine exceptionnel qui aujourd’hui montre ses intérêts dans le contexte de réchauffement climatique, la terre crue possédant des propriétés hygrométriques particuières.
Les sites incontournables de Saint-Juvat :
L’église Saint-Juvat

Construite en 1364 à l’initiative des seigneurs de la Motte de La Vallée, l’église Saint-Juvat a connu de nombreuses transformations aux XVIIe, XVIIIe et XIXe siècles.
Architecture : l’édifice comprend une nef avec bas-côtés de quatre travées, suivie d’un chœur de deux travées avec bas-côtés et un chevet polygonal. Il n’y a pas de transept.
Éléments remarquables :
- Réemploi d’un portail du XIIIe siècle.
- Remaniements de 1508 (bas-côté nord, porte sud) et de 1668 (chœur, charpente, sacristie).
- Charpente refaite en 1668 sur les plans de l’architecte Pierre Fabiom.
- Sacristie construite en 1668, portant une inscription en l’honneur de Gille Le Corvaisier, recteur de la paroisse.
- Collatéral sud bâti en 1836.
- Bas-côté sud restauré en 1836 sous l’impulsion du recteur François Leroy.
- Bannières anciennes représentant Saint-Juvat et Saint-Sébastien (1776).
- Cloches et autels en bois polychromes du XVIIIe siècle.
- Armoiries des seigneurs de la Motte de La Vallée visibles sur un pilier sud de la nef.
Le calvaire
Inscrit au Monuments Historiques depuis 1926, le calvaire date du XVIème siècle. Il a été déplacé à côté de l’église récemment.
Les maisons du bourg

De belles maisons de maîtres jalonnent le bourg. Qu’elles soient du XVIIIème ou du XIXème siècle, elles recèlent de beaux détails commes des oculus ou des façades ouvragées toute en symétrie. Ce sont des notables locaux qui ont construit ces maisons et petits manoirs grâce, certainement, à leur richesse venant de l’économie liée à la toile de lin et de chanvre. Certaines maisons, quant à elles, reprennent une certaine austérité que l’on retrouve dans les villes de Dinan et de Saint-Malo.
Le manoir et la chapelle Notre-Dame de Caragat
Le Manoir de Caragat, en pierre de granit, du XVIIIème siècle. Acheté en 1735 par un Normand, le manoir de Caragat est rebâti en 1763. Le corps de logis à deux niveaux est flanqué, à l’ouest et à l’est, de deux ailes plus basses. De la propriété d’origine subsistent un colombier de plan carré dans la partie occidentale de la cour, une grange et une chapelle dans le parc.
Édifiée au XVIIe siècle, la chapelle est aussi appelée chapelle de Courlaye.
Construite en 1634 par Guillemette Ferron de La Roche, épouse du seigneur de Caragat.

Autres éléments patrimoniaux à ne pas manquer
Le Paradis : Croix de granit, d’inspiration celtique, mise en place vers 1400.
La Trochée : Fenêtre à grille de 1610 en torchis, granit et pierre de jauge (Maison des chapelains de la Rionnais)
La Maladrie : Enclos des Lépreux, du XVIIème siècle, ancienne ferme communautaire autrefois réservée aux malades de la lèpre, avec ses fenêtres et lucarnes.
La Pommerais : Ancienne maison de prêtre en pierre de jauge du XVIIème siècle, avec fenêtre à grille de 1678
Le bois : Logis en pierre de jauge de 1671 et ses lucarnes.
Lauriais : Enseigne de maître chirurgien de 1695 sur le linteau d’une ancienne fenêtre à grille.
La Hautière Rousse : Lucarne remarquable de 1751. Enseigne d’avocat de 1784 en pierre de jauge.
La Mettrie : Manoir de la Mettrie, en pierre de jauge et granit. Il ne reste rien de cet ancien manoir, reconstruit en totalité au XVIIIème siècle. Le Manoir comporte des lucarnes groupées par paires et un large fronton cintré. Au XVème siècle, la famille de La Motte de la Vallée fait son acquisition, on retrouve leurs armoiries dans l’Église de Saint-Juvat.
Anciennes chapelles disparues
Plusieurs chapelles autrefois présentes sur la commune ont aujourd’hui disparu :
- La chapelle Saint-Mathurin de la Gaudière, édifiée en 1627, de plan rectangulaire avec cloche en 1628.
- La chapelle Notre-Dame, située dans le cimetière (détruite en partie dès 1655).
- La chapelle Saint-Yves de la Rionnais, édifiée en 1627.
